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Ce qui berce et ce qui noie, 2025
Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal
Commissariat et rédaction du texte d’exposition
À travers Ce qui berce et ce qui noie, Catherine Morin propose une traversée picturale de nos croyances contemporaines, celles qu’on avale sans recul, happés par le besoin de sens. Entre rituels de guérison, récits complotistes et spiritualité de façade, ses toiles esquissent un monde en tension, où l’âme cherche l’apaisement, parfois au prix du réel.
L’artiste raconte une époque au bord du mysticisme et de l’épuisement, écartelée entre croyances, élans vers le sacré et tentatives de réparation. L’eau, la pomme, les plantes médicinales reviennent comme autant de symboles, mais rien n’est jamais limpide. Un humour discret s’y infiltre, non pour moquer, mais pour révéler les glissements, là où le soin devient injonction. Le mystique, ici, n’est ni refuge ni fuite : c’est une langue en suspens, celle qu’on parle quand les certitudes s’effondrent et que l’invisible insiste.
Formée en photographie, Morin développe depuis plusieurs décennies une démarche en peinture nourrie par l’observation. Son regard, à la fois tendre et tranchant, s’attarde aux zones d’ambiguïté. Ce qu’elle sonde, elle le traduit avec justesse, préférant l’évocation à l’explication. Corps hybrides, visages suspendus, gestes figés : tout semble flotter dans une densité feutrée, tendue entre fable et mémoire. Ses tableaux saisissent le moment où l’intime bascule vers l’idéologie, là où l’histoire bégaie. C’est une peinture de seuil, de déséquilibre, dans laquelle la vérité ne s’impose pas, mais affleure quelque part entre lumière et fruit défendu.